En location meublée, la règle simple, c’est celle-ci : le préavis du locataire est d’un mois, et tu peux donner congé à tout moment, sans motif. Le vrai sujet, c’est de le notifier correctement (pour que le délai démarre vraiment) et de caler des dates propres pour éviter les disputes sur le loyer, les clés et le dépôt de garantie.
Quelle est la durée du préavis en location meublée (et qui est concerné) ?
Autant le dire tout de suite : pour un logement meublé loué en résidence principale, le locataire bénéficie d’un délai de préavis d’un mois. Tu peux donc mettre fin au bail quand tu veux, sans justifier ton départ. Cette règle est posée par l’article 25-8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, modifiée par la loi n°2014-366 du 24 mars 2014 (ALUR, publiée le 27 mars 2014).
À ne pas confondre avec le propriétaire : lui ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, avec un préavis de 3 mois et un motif.
Petite anecdote de terrain : j’ai déjà vu un locataire « prévenir par SMS » en pensant être couvert. Résultat, le bailleur a contesté la date et tout le monde s’est retrouvé à recompter les jours. Pas besoin de paniquer, mais il faut une preuve nette.
Mon contrat me donne-t-il bien droit à 1 mois de préavis ?
Dans la pratique, le préavis d’un mois s’applique aux principaux baux meublés de résidence principale, mais il faut identifier ton type de contrat pour ne pas appliquer une règle à côté.
| Type de contrat | Durée du bail (repère) | Préavis locataire | Fin du contrat |
|---|---|---|---|
| Meublé « classique » | Généralement 1 an (ex: signé le 15 octobre 2023, échéance le 15 octobre 2024) | 1 mois | Le locataire peut partir à tout moment |
| Bail étudiant | 9 mois | 1 mois | Le bailleur ne donne pas congé avant l’échéance |
| Bail mobilité | 1 à 10 mois | 1 mois | Pas de congé bailleur avant le terme |
| Location saisonnière | 1 jour à 90 jours | Préavis « classique » non applicable | Fin au terme du contrat |
Attention aux confusions fréquentes : le LMNP est un statut fiscal, pas un régime de préavis. Et même si le Code civil pose un cadre général (articles 1714 à 1762), ici c’est la règle spéciale issue de la loi de 1989 qui gouverne le congé en meublé.
Comment notifier ton congé sans te faire piéger par la « mauvaise » date ?
Le point de départ parfait, c’est la preuve. Ton préavis ne démarre pas quand tu décides de partir, mais quand ton congé est reçu (ou présenté) au bailleur selon un mode valable.
- Lettre recommandée avec accusé de réception (LR/AR) : méthode classique, facile à prouver.
- Remise en main propre contre récépissé ou émargement : efficace si le bailleur signe, la date signée déclenche le délai.
- Acte de commissaire de justice (ex-huissier) : option « zéro contestation » si le contexte est tendu ou si le bailleur est injoignable.
Un email simple n’est pas valable en principe. En revanche, il existe la lettre recommandée électronique (LRE), mais seulement si le destinataire a préalablement accepté ce mode. Là encore, garde les preuves (certificat, horodatage, accusé).
Le piège classique, c’est de confondre envoi et réception. Exemple : courrier remis un 10 et reçu le 12. C’est le 12 qui déclenche le délai.
Comment calculer le début et la fin du préavis d’un mois (sans litige) ?
Dans les faits, tu comptes un mois à partir de la réception (ou présentation) du congé par le bailleur. Les week-ends et jours fériés sont inclus : ils ne « mettent pas en pause » le délai. Si la fin tombe un dimanche, le délai n’est pas suspendu pour autant.
Repères utiles pour te caler :
- Réception le 8 février : fin de préavis le 8 mars.
- Réception le 31 janvier : fin le 28 février (ou 29 février en année bissextile).
- Congé reçu le 21 décembre 2023 : préavis jusqu’au 21 janvier 2024.
Tu peux quitter le logement avant la fin du préavis, mais en principe les loyers restent dus jusqu’au terme, sauf deux sorties propres : accord du bailleur pour libération anticipée, ou relocation avec entrée d’un nouveau locataire avant la date de fin.
Loyer, charges et dépôt de garantie pendant le préavis : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas
La base de tout : pendant le préavis, tu dois payer le loyer et les charges jusqu’à la fin du délai. Deux exceptions existent : un accord du bailleur pour partir plus tôt, ou une relocation avant terme (dans ce cas, les loyers s’arrêtent à la date de relocation).

Grosse erreur : vouloir « compenser » avec le dépôt. Tu ne peux pas déduire le dépôt de garantie des derniers loyers, même si tu es sûr de rendre l’appartement propre.
En meublé, le dépôt de garantie est plafonné à deux mois de loyer hors charges. Et sa restitution a des délais maximum :
1 mois s’il n’y a pas de retenues, deux mois si des retenues sont justifiées. Tout se joue sur les preuves : état des lieux et inventaire mobilier (spécifique au meublé) conditionnent ce que le bailleur peut retenir.
Prorata de loyer : comment payer au jour près (et vérifier un calcul)
Si ton préavis se termine en cours de mois, le loyer se calcule au prorata. Concrètement, tu peux utiliser une formule simple : loyer mensuel × (nombre de jours d’occupation dans le mois / nombre de jours du mois).
Exemples de lecture utiles (c’est le même raisonnement quel que soit le montant du loyer) : « le locataire doit payer le loyer de mars à hauteur de 8/31e ». On retrouve aussi des cas comme 8/30e ou 8/28e, selon la longueur du mois. Même logique avec 21/31e ou 5/30e, 5/31e, 5/28e, 5/29e.
Deux scénarios reviennent tout le temps. D’abord : tu donnes congé le 1er octobre pour une fin au 1er novembre, mais tu pars réellement le 15 octobre. Sauf accord ou relocation, les loyers restent dus jusqu’au 1er novembre. Ensuite : si le logement est reloué le 25 octobre, le loyer est dû jusqu’au 24 octobre à minuit. C’est là que tout se joue : une date d’entrée du nouveau locataire change la facture.
Visites, état des lieux, inventaire et clés : ta sortie doit être « prouvable »
Pendant le préavis, le bailleur organise souvent des visites. Un repère pratique est de prévoir une disponibilité d’1 heure par semaine. Le but n’est pas de te bloquer la vie, mais de garder quelque chose de raisonnable et cadré.
Pour limiter les retenues et accélérer le dépôt de garantie, prépare la sortie comme un mini-projet :
- Fixe une date d’état des lieux de sortie, et relève les compteurs.
- Nettoie et documente : photos horodatées, échanges écrits, pas d’accord verbal « à l’ancienne ».
- Soigne l’inventaire mobilier (quantité, état, fonctionnement) : en meublé, c’est un élément central.
La remise des clés marque souvent la fin d’occupation. Là aussi, vise une preuve simple : un écrit signé (récépissé) qui indique la date de remise.
Cas particuliers qui font hésiter : congé du bailleur, colocation, départ « urgent »
Si c’est le bailleur qui donne congé en meublé, la règle change : 3 mois de préavis, uniquement à l’échéance, et avec un motif parmi vente, reprise ou motif légitime et sérieux. Le congé doit indiquer le motif, et en cas de reprise il doit aussi préciser l’identité du bénéficiaire, son adresse et le lien avec le bailleur (époux, partenaire de PACS, ascendants ou descendants, ou concubin depuis au moins un an). Il existe aussi une protection pour certains locataires âgés : au-delà de 65 ans avec ressources sous plafond, avec des exceptions si le bailleur a lui-même plus de 65 ans ou des ressources faibles, et la possibilité d’une proposition de relogement équivalent.
Bonne nouvelle côté locataire : si le congé vient du bailleur, tu peux partir à tout moment et tu ne paies que ta période d’occupation effective.
En colocation, distingue bien bail individuel (préavis géré séparément) et bail unique avec clause de solidarité. Avec solidarité, un colocataire sortant peut rester tenu financièrement jusqu’à six mois, sauf remplacement par un nouveau colocataire. Sur le terrain, le bon réflexe est double : notifier le bailleur et informer les colocataires restants, puis formaliser le remplacement (avenant, état des lieux, inventaire partagé).
Enfin, il existe des situations sensibles. Si le logement est indécent ou insalubre, une jurisprudence constante peut permettre de partir sans préavis (ou sans l’exécuter), mais à condition de documenter sérieusement : photos, constats, courriers, signalements. Même logique si tu es dans une situation de danger : priorité à la sécurité et à la traçabilité, avec l’appui des bons interlocuteurs.
« Un préavis en meublé, ce n’est pas compliqué. Ce qui évite les ennuis, c’est une date de réception incontestable, un état des lieux préparé, et des preuves propres du début à la remise des clés. »
Modèle de lettre de congé (meublé) prêt à adapter
Tu peux copier ce modèle et l’envoyer en LR/AR (ou en main propre contre récépissé, ou via commissaire de justice). Pense à renseigner une date de fin cohérente avec la date de réception.
Objet : congé du locataire – location meublée
Madame, Monsieur,
Je vous informe par la présente de ma décision de donner congé du logement meublé situé au [adresse du logement], que j’occupe en vertu du contrat de location signé le [date du bail].
Conformément à l’article 25-8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, le délai de préavis applicable est d’un mois et court à compter de la réception de ce courrier. Je souhaite que mon départ intervienne au terme du préavis, soit le [date de fin souhaitée, à ajuster selon la réception].
Je vous propose de convenir d’une date pour l’état des lieux de sortie et la remise des clés, et vous remercie de me confirmer les modalités de restitution du dépôt de garantie.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Nom, prénom, signature]
Dernier conseil pratique : conserve un dossier simple avec copie du bail, preuve d’envoi et de réception (AR, récépissé, acte), état des lieux entrée-sortie, inventaire, photos horodatées. Si un désaccord persiste, les recours passent en général par une phase amiable (commission départementale de conciliation) puis, si besoin, par le juge des contentieux de la protection. Pour vérifier un point de texte ou un cas sensible, les repères les plus utilisés restent Service Public (page vérifiée le 14 avril 2026), l’Adil et Allô Service Public.
